12 août 2026 · Lucie
On nous pose souvent la question : pourquoi avoir appelé un agenda culturel « Guinguette » ? La réponse tient en une image : des lampions au bord de l'eau, un accordéon, des tables où l'on s'assoit sans se connaître et d'où l'on repart en se tutoyant. Tout ce que nous voulons faire vivre, en somme. Petite histoire d'un mot qui sent bon les dimanches au bord de l'eau.
Une guinguette, c'est d'abord un lieu : un cabaret populaire en plein air, presque toujours installé au bord de l'eau, où l'on vient boire, manger et danser. L'image d'Épinal est bien connue — et elle est vraie : une tonnelle ombragée, des guirlandes de lampions, une friture de poisson, un petit vin blanc frais, un orchestre musette et une piste de danse improvisée sur les planches.
Mais la guinguette, c'est surtout une atmosphère. On y vient en famille, entre amis, entre voisins. On y croise l'ouvrier et le maire, la grand-mère qui valse et les enfants qui courent entre les tables. Pas de dress code, pas de réservation trois mois à l'avance, pas de vestiaire : la guinguette est la fête populaire par excellence, simple, joyeuse et ouverte à tous.
L'histoire commence au XVIIIe siècle, aux portes de Paris. À l'époque, une taxe — l'octroi — renchérit le vin dès qu'il franchit les murs de la capitale. Malins, des cabaretiers s'installent juste de l'autre côté de la barrière, à Belleville, Montmartre ou Charonne : le vin y coûte deux fois moins cher, et les Parisiens s'y pressent chaque dimanche. On y sert le « guinguet », un petit vin blanc aigrelet produit en Île-de-France, qui aurait donné son nom à ces établissements — à moins que ce ne soit le verbe « guinguer », qui signifiait sauter, danser. Les deux histoires sont belles, on refuse de choisir.
Au XIXe siècle, le chemin de fer emmène les guinguettes plus loin : elles fleurissent sur les bords de Marne — Nogent, Joinville-le-Pont, Champigny — et sur les bords de Seine, à Chatou ou Bougival. C'est l'âge d'or des canotiers, celui que les peintres impressionnistes ont immortalisé. Renoir peint ses déjeuners au bord de l'eau, l'accordéon remplace peu à peu le violon, et le bal musette fait tourner les couples jusqu'à la nuit.
L'apogée arrive dans l'entre-deux-guerres : avec les premiers congés payés de 1936, des milliers de familles ouvrières découvrent le dimanche au bord de l'eau. Puis vient le déclin — la télévision, l'automobile, l'interdiction de la baignade en Marne — et les guinguettes s'éteignent une à une dans les années 1960.
On aurait pu croire la page tournée. C'est tout l'inverse : depuis les années 2000, les guinguettes connaissent une renaissance spectaculaire. Des guinguettes historiques des bords de Marne qui n'ont jamais cessé de faire danser, aux guinguettes éphémères qui s'installent chaque été sur les quais de Loire, à Angers, Tours, Saumur ou Nantes, le mot est redevenu synonyme d'été, de convivialité et de fête locale.
Car l'esprit guinguette n'a pas pris une ride. C'est celui d'une fête de proximité : on n'y va pas pour voir une tête d'affiche internationale, on y va pour retrouver les gens de son quartier ou de son village. C'est une fête accessible : l'entrée est libre ou presque, on vient comme on est. Et c'est une fête vivante : un concert un soir, un bal le lendemain, un marché de producteurs le dimanche matin. Exactement le genre d'événements que Guinguette recense chaque jour, partout en France.
Parce que cette histoire est aussi une histoire personnelle.
« J'ai grandi près des bords de Marne, le berceau historique des guinguettes. Et je vis aujourd'hui au bord de la Loire, en Anjou, où les guinguettes renaissent chaque été sur les quais et les cales. Entre les deux, le mot ne m'a jamais quitté : il dit mieux que tout autre ce que ce projet veut faire — remettre la fête locale à portée de main. » — Jean-Baptiste Le Dévéhat, fondateur de Guinguette
Des bords de Marne aux bords de Loire, la boucle est bouclée. En Anjou, les guinguettes se marient à merveille avec la douceur angevine chère à Joachim du Bellay : des soirées d'été au bord du fleuve, un verre de vin de Loire, de la musique et des gens heureux d'être ensemble. Difficile de rêver meilleur patron pour un agenda culturel.
Alors quand il a fallu donner un nom à cette plateforme qui recense les concerts, les bals, les marchés, les fêtes de village et les festivals près de chez vous, le choix s'est imposé de lui-même. Guinguette, c'est la promesse que nous voulons tenir : que chacun, où qu'il vive, puisse retrouver ce plaisir simple — savoir ce qui se passe à côté de chez soi, et y aller.
Envie de retrouver l'esprit guinguette près de chez vous ? Rendez-vous sur guinguette.eu pour découvrir les concerts, bals, marchés et fêtes autour de votre ville.